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Quelques statistiques descriptives issues de SHARE

L’enquête SHARE fournit de nombreuses informations sur la santé des enquêtés interrogés, leur situation économique et sociale. Si des travaux scientifiques complexes sont réalisés à partir de ces données, il est cependant possible d’identifier des résultats intéressants en réalisant des statistiques descriptives simples. Les résultats présentés ci-dessous sont basés sur l’exploitation de la vague 8 de SHARE et sont pondérés de manière à permettre les comparaisons internationales.

 

Définitions et légendes

SHARE Total correspond à la moyenne des réponses, tous pays confondus.

 

I. Volet santé

De nombreuses questions dans SHARE sont consacrées à la santé des individus. La santé est un sujet complexe, qui revêt plusieurs dimensions : santé perçue par l’individu, existence de maladies (diagnostiquées ou déclarées), aptitudes à réaliser des tâches quotidiennes etc... Les réponses des individus dans ces différentes dimensions permettent au final d’avoir une idée assez complète de leur état de santé.

1.1  La santé perçue en Europe

Une première manière de mesurer la santé d’un individu dans une enquête consiste à lui demander comment il évalue son état de santé. D’apparence simple, cet indicateur permet d’approcher la notion de bien-être lié à la santé et d’agréger les dimensions de santé physique et mentale. En résumant l’état de santé général de la personne, il explique notamment très bien son recours aux soins.

 

Question posée à l'enquêté : "Diriez-vous que votre santé est excellente, très bonne, bonne, acceptable, médiocre ?

 

 

Contrairement aux résultats de la vague 5 relatifs au gradient nord-sud (les répondants des pays du nord se déclarant en meilleure santé que les répondants du sud), les résultats de la vague 8 présentent des informations plutôt hétérogènes. Par exemple, parmi les pays nordiques et parmi tous les pays participant à la vague 8, seul le Danemark atteint les 50% de répondants qui affirment avoir une excellente ou très bonne santé. Ils sont suivis par la Suisse et la Suède avec respectivement 38% et 37% des répondants. 

Dans les autres pays, 30 % ou moins des personnes interrogées déclarent avoir une excellente ou une très bonne santé, tandis que l'option "bonne santé" semble avoir été la prédominante. Néanmoins, nous constatons que certains pays du nord-est, comme l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, présentent les pourcentages les plus élevés de répondants déclarant avoir une santé très médiocre ou acceptable.

Si l'on revient à la comparaison avec les résultats de la vague 5, il semble qu'en général, la santé perçue se détériore en Europe. Ainsi, lors de la vague 5, 7,8% des répondants déclaraient avoir une très mauvaise santé, contre 10,52% pour la vague 8. Par ailleurs, lors de la vague 5, 8% des répondants déclaraient avoir une excellente santé ; ce pourcentage a diminué de plus de deux points pour la vague 8. 

Dans le cas de la France, le nombre de répondants déclarant avoir une très mauvaise santé est inférieur d'un point à la moyenne totale de SHARE, tandis que le nombre de personnes déclarant avoir une excellente santé semble être légèrement supérieur à cette moyenne. La grande concentration de répondants se situe dans les catégories " acceptable " et " bon " état de santé perçu avec plus de 70% des répondants au total.

L’enquête SHARE permet également de comparer les individus en fonction de l’âge et de leur sexe. En se restreignant à la France, la vague 8 de l'enquête révèle, assez classiquement, une dégradation de l’état de santé perçu avec l’âge (tableau ci-dessous). Ainsi, en vieillissant, on constate que moins de personnes se déclarent en excellente santé et davantage de personnes perçoivent leur santé comme médiocre.

 

 

En outre, si nous examinons les comparaisons par âge et par sexe dans le graphique ci-dessous, nous pouvons observer qu'une perception plus mauvaise de la santé accompagnée d'un âge plus élevé peut avoir des amplitudes différentes selon le sexe. Par exemple, les femmes ont tendance à déclarer un meilleur état de santé que les hommes lorsqu'elles ont entre 50 et 70 ans. Néanmoins, pour la tranche d'âge de 70 à 80 ans, la tendance s'inverse et il apparaît que ce sont surtout les hommes qui ont une meilleure perception de leur santé. Ceci peut être observé en regardant le pourcentage de personnes témoignant d'une excellente santé ainsi que la fréquence pour la catégorie de santé médiocre. Cette tendance semble néanmoins s'atténuer lorsque les deux groupes atteignent 80 ans ; à partir de cet âge, la différence est très légère en ce qui concerne les personnes se déclarant en excellente santé. Même si ce sont surtout les femmes qui déclarent avoir une santé médiocre dans cette tranche d'âge.

 

 

1.2  La santé mentale

De nombreuses questions de l’enquête SHARE sont consacrées à la santé mentale et en particulier à la dépression. Un indicateur vise à recueillir le sentiment de tristesse ou de dépression au cours du dernier mois. Il identifie un symptôme dépressif sans pour autant permettre de diagnostiquer avec certitude les personnes dépressives. Les statistiques révèlent des différences assez nettes entre pays, âge et sexe des individus.

En comparaison internationale, les résultats montrent que dans tous les pays participants, de 27% (Grèce) à 52% (Pologne) des personnes interrogées ont répondu qu'au cours du dernier mois, il leur est arrivé de se sentir tristes ou déprimées.

Dans le cas de la France, près de la moitié des personnes interrogées ont répondu avoir eu ce type de sentiment dépressif/de tristesse, ce qui place l'hexagone parmi les pays présentant les taux les plus élevés pour cet indicateur. C'est également le cas de l'Allemagne et d'autres pays du nord-est (Pologne, Estonie, Lituanie et Letonnie) qui figuraient précédemment parmi les pays ayant la plus mauvaise perception de la santé.
 

Question posée à l'enquêté : "Au cours du dernier mois, vous est-il arrivé d'être triste ou déprimé(e) (malheureux, sans énergie ou avec du vague à l'âme) ?"

 

 

Chez les moins de 60 ans en Europe, le sentiment de dépression et de tristesse est assez important : 39,31% reconnaissent de la tristesse ou une dépression au cours du dernier mois. Les pays du Nord semblent moins atteints que les pays du Sud et de l’Est mais la tendance n’est pas nette. La France est l'un des pays les plus touchés par cet état avec 46,5% de répondants le déclarant. Ceci est à rapprocher d’une consommation d’anxiolytiques particulièrement importante. 

 

 

En France, on remarque que les femmes de 50-59 ans se déclarent plus déprimées que les hommes d'un âge équivalent. Cet écart s’atténue cependant au fur et à mesure de l’avancée en âge et finit par s’inverser. Si le pourcentage de femmes atteintes de signes de dépression reste globalement stable entre les 50 et 80 ans, ce pourcentage diminue pour les femmes de plus de 80 ans. En revanche le pourcentage de hommes atteints des signes de dépression augmente nettement après 80 ans (54,4% d’hommes se déclarent tristes ou déprimés au-delà de 80 ans contre 39,3% de femmes).

1.3 Maladies chroniques et aptitudes fonctionnelles

L’enquête SHARE recueille aussi de nombreuses informations sur les maladies chroniques et la perte d’autonomie qui sont les problèmes de santé les plus spécifiques des seniors.

a) Maladie chroniques et handicaps

L’avancée en âge s’accompagne d’une augmentation forte de la probabilité de souffrir d’un handicap ou d’une maladie chronique. Ces problèmes de santé exigent des traitements au long cours, souvent coûteux, et peuvent avoir pour conséquence une perte d’autonomie conduisant à terme à des situations de dépendance. La surveillance de ces problèmes est un enjeu essentiel pour les systèmes de santé et de protection sociale des pays européens dont la population est vieillissante. SHARE consacre plusieurs questions à cette thématique.

 

Question posée à l'enquêté : "Souffrez-vous de problèmes de santé, de maladies, d'incapacités ou de handicaps de longue durée ?"

 

En Europe, 56,1% des 50 ans et plus déclarent souffrir d’une maladie chronique et/ou d’un handicap. De grandes disparités entre les pays peuvent être observées : les 3 pays avec les taux de déclaration les plus faible sont la Slovaquie, la Grèce et la Suisse avec 33,6%, 36,1% et 37,4%, respectivement. En revanche, l'Estonie, la Pologne et la Lituanie sont les pays qui possèdent les taux de déclaration les plus forts de maladies chroniques et handicaps déclarés, avec 76,6%, 68,2% et 66,8%, respectivement.

En France, 48,4% des personnes interrogées dans la vague 8 de l'enquête déclarent souffrir d’une maladie chronique et/ou d’un handicap, soit une proportion un peu moindre que la moyenne des pays participant à cette vague de l’enquête SHARE (56,1%).  Néanmoins, le taux de la France reste supérieur de 5 points par rapport au résultat obtenu en vague 5.

b) Limitations d’activités

La survenue de maladies chroniques ou de handicaps a des conséquences sur la capacité des individus à réaliser les activités de la vie quotidienne. Cependant, le fait d’être plus ou moins limité dans ces activités dépend, en dehors de la qualité de la prise en charge apportée par le système de santé, d’autres facteurs, environnementaux : l’adaptation des logements, des postes de travail et des infrastructures aux difficultés des personnes, et plus généralement de la capacité de la société à intégrer les personnes malades et âgées.

 

Question posée à l'enquêté : "Dans quelle mesure êtes-vous limité(e) dans vos activités normales par des problèmes de santé qui durent depuis au moins 6 mois ?"

 

En moyenne 49,6% des enquêtés en vague 8 déclarent être limités (fortement ou non) dans les activités de la vie quotidienne depuis au moins 6 mois. Ce taux est supérieur de près de 5 points aux résultats obtenus lors de la vague 5.

Le pays déclarant le moins de limitations est la Grèce, où seulement 7,7% de ses répondants se déclarent fortement limités. D'autre part, c’est en Estonie que ce pourcentage est le plus élevé : 30% des enquêtés se déclarent fortement limités. La France quant à elle se situe juste au-dessus de la moyenne : 17,81% contre 17,01%.

On retrouve donc une certaine cohérence dans ce classement des pays au regard de ces différents indicateurs. La Grèce est le pays où les seniors déclarent à la fois moins souvent de maladies/handicaps, moins de limitations et moins souvent une santé perçue médiocre. L’Estonie a, au contraire, la situation la plus défavorable pour tous ces indicateurs. Concernant les pays intermédiaires dans ce classement, certaines différences apparaissent : la France par exemple fait partie des pays déclarant peu de maladies chroniques ou de handicaps - par rapport à la moyenne générale - mais le nombre de personnes souffrant de limitations y est au-dessus de la moyenne. D’autres facteurs que la maladie en elle-même semblent donc expliquer la capacité des individus à rester autonomes.

 

Avec l’âge, on constate que le pourcentage de personnes non limitées diminue. En France, celui-ci passe de 63,6% entre 50 et 59 ans à 30,7% à 80 ans et plus. À l’inverse, la proportion de personnes fortement limitées augmente avec l’âge, passant de 12,4% entre 50 et 59 ans à 34,5% à 80 ans et plus. Les limitations dans les activités accélèrent surtout à partir de 70 ans. En effet comme on l’observe sur ce graphique, avant 70 ans le nombre de personnes limitées (fortement ou non) augmente peu passant seulement de 36,4% dans la tranche d’âge 50-59 ans à 38,9% entre 60 et 69 ans (+2.5 points).

Le pourcentage de personnes limitées passe ensuite à 49.4% entre 70 et 79 ans (+10.5 points par rapport à la tranche 60-69 ans) et à 69,3% pour les personnes âgées de plus de 80 ans, soit une augmentation de 19.9 points par rapport à la tranche de 70-79 ans.

1.4 L’apport des mesures objectives

Au-délà de ces informations déclaratives sur l’état de santé des personnes,  le questionnaire de SHARE comprend également un certain nombre de tests permettant de confronter ces résultats à des mesures plus objectives comme la force de préhension, la force du souffle ou encore les tests visant à évaluer les capacités cognitives (fluence verbale, mémoire, capacité à faire des calculs).

La force de préhension a été évaluée à l’aide d’un dynamomètre. La personne enquêtée devait refermer sa main de toutes ses forces en se saisissant des parties noires et métalliques du dynamomètre au creux de sa main. La partie métallique, mobile, est alors attirée vers la noire en fonction de la force exercée, ce qui fait bouger l’aiguille qui indique alors la force de préhension en kilogrammes.

 

 

On a ici évalué la force de préhension de la main dominante du sujet.

 

Lorsque l’on compare la force de préhension des différents pays, les pays nordiques tels que le Danemark et la Finlande apparaissent comme les territoires où les répondants ont exercé une force de préhension de 30 kg ou plus. De plus, un gradient nord-sud peut être observé puisque plusieurs pays du sud comme l'Espagne et l'Italie apparaissent comme les pays où la force de préhension a obtenu de faibles moyennes. Par exemple, pour les extrêmes, en Espagne, la force moyenne de préhension est de 25,7 kg contre 33,8 kg au Danemark. En France elle est de 29,9 kg (0,8kg de moins que la moyenne française pour la vague 5). La force moyenne tous pays confondus est de 30,2 kg.

 

De manière attendue, la force de préhension décroit avec l’âge et ceci est un fait pour la France, comme le montre le graphique, mais aussi pour tous les pays participant à SHARE.

En particulier en France, entre 50 ans et 90 ans et plus, la force de préhension chez les hommes comme chez les femmes décroît d'un peu plus d'un tiers. On notera également la différence marquée de la force de préhension entre hommes et femmes. Par exemple, la force de préhension est de 46,1 kg entre 50 et 59 ans chez les hommes et de 27,2 kg chez les femmes au même âge, puis de 29,6 kg chez les hommes à 80 ans et plus et de 17,9 kg chez les femmes au même âge.

 

II. Volet économie

 

2.1  Emploi et retraites

L’allongement de la vie conduit les pays européens à retarder l’âge de la retraite. Ces réformes reposent sur l’employabilité des seniors. Or,  de nombreux éléments -formation, carrière, santé, marché du travail- jouent un rôle dans la poursuite d’activité. En France, ce taux est légèrement supérieur au taux moyen total des pays SHARE. Les pays nordiques tels que la Suède, le Danemark et la Finlande présentent les taux les plus élevés d'emploi des seniors.

 

Taux d'emploi des 50-59 ans en Europe = Nombre de répondants âgés de 50 à 59 ans déclarant être employés ou travailleurs indépendants

/

Nombre total de répondants âgés de 50 à 59 ans.

 

 

2.2  Les seniors et les nouvelles technologies

 

Internet est un outil de plus en plus utilisé, y compris pour les démarches administratives. Son usage est néanmoins encore limité chez les plus âgés, mais il se généralise chez les moins de 60 ans comme nous pouvons l'observer dans les graphiques suivants - au niveau européen ainsi qu'au niveau français. En outre, on observe que pour chaque groupe d'âge, la France se situe toujours au-dessus de la moyenne de tous les pays SHARE confondus. À l’avenir, l'internet permettra d’intégrer davantage nos aînés en leur facilitant l’accès à une multitude de services.

 

Question posée à l'enquêté : "Pendant les 7 derniers jours, avez-vous utilisé Internet au moins une fois, que ce soit pour envoyer des emails, chercher des informations, faire des achats, ou toute autre raison ?"