Retour sur événement : journée SHARE 2016

28 novembre 2016
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Quelques statistiques descriptives issues de SHARE

L’enquête SHARE fournit de nombreuses informations sur la santé des enquêtés interrogés, leur situation économique et sociale. Si des travaux scientifiques complexes sont réalisés à partir de ces données, il est cependant possible d’identifier des résultats intéressants en réalisant des statistiques descriptives simples. Les résultats présentés ci-dessous sont basés sur l’exploitation de la vague 5 de SHARE et sont pondérés de manière à permettre les comparaisons internationales.

 

Définitions et légendes

Indicatrices  pays :

SE Suède / DK Danemark / DE Allemagne / LU Luxembourg / NL Pays-Bas / BE Belgique / FR France / CH Suisse / AT Autriche / ES Espagne / IT Italie / EE Estonie / CZ République tchèque / SI Slovénie / IL Israël

Pondérations :

Tous les résultats présentés dans ce document sont pondérés de manière à être représentatifs au niveau de chaque pays.

SHARE tot correspond à la moyenne pondérée des réponses, tous pays confondus

 

I. Volet santé

De nombreuses questions dans SHARE sont consacrées à la santé des individus. La santé est un sujet complexe, qui revêt plusieurs dimensions : santé perçue par l’individu, existence de maladies (diagnostiquées ou déclarées), aptitudes à réaliser des tâches quotidiennes etc... Les réponses des individus dans ces différentes dimensions permettent  au final d’avoir une idée assez complète de leur état de santé.

1.1  La santé perçue en Europe

Une première manière de mesurer la santé d’un individu dans une enquête consiste à lui demander comment il évalue son état de santé. D’apparence simple, cet indicateur permet d’approcher la notion de bien-être lié à la santé et d’agréger les dimensions de santé physique et mentale. En résumant l’état de santé général de la personne, il explique notamment très bien son recours aux soins.

Question : "Diriez-vous que votre santé est excellente, très bonne, bonne, acceptable, médiocre ?

 

 

La comparaison internationale permet d’identifier assez clairement un gradient nord-sud sur ce premier indicateur de santé. Les répondants des pays du Nord (Danemark, Suède, Pays-Bas,…)  sont globalement ceux qui se déclarent en meilleure santé. Au Danemark, seulement 4,2% des répondants déclarent leur état de santé « médiocre » et 24%  « excellent » alors que la moyenne pour l’ensemble des pays SHARE est de 7,8% déclarant une santé médiocre et de 8%  une santé excellente. Les pays du Sud et de l’Est de l’Europe sont ceux qui se déclarent en moins bonne santé. Par exemple, en Estonie, 16,6% des enquêtés déclarent un de santé perçue médiocre et seulement 2,2% se déclarent en excellente santé. La France est proche de la moyenne des pays SHARE : 8,2% des interrogés ont déclaré leur état de santé médiocre et 7% excellent.

L’enquête SHARE permet également de comparer les individus en fonction de l’âge et de leur sexe. En se restreignant à la France, l’enquête révèle, assez classiquement, une dégradation de l’état de santé perçu avec l’âge. 31% des femmes déclarent avoir un état de santé très bon ou excellent entre 50 et 59 ans. Elles ne sont plus que 3,7% à 90 ans et plus. Chez les hommes, les résultats sont similaires. 

 

1.2  La santé mentale

De nombreuses questions de l’enquête SHARE sont consacrées à la santé mentale et en particulier à la dépression. Un indicateur vise à recueillir le sentiment de tristesse ou de dépression au cours du dernier mois. Il identifie un symptôme dépressif sans pour autant permettre de diagnostiquer avec certitude les personnes dépressives. Les statistiques révèlent des différences assez nettes entre pays, âge et sexe des individus.

 "Au cours du dernier mois, vous est-il arrivé d'être triste ou déprimé(e)(malheureux, sans énergie ou avec du vague à l'âme) ?"

 

 

Chez les 50 et plus, le sentiment de dépression et de tristesse est assez important : 42,4% reconnaissent de la tristesse ou une dépression au cours du dernier mois. Les pays du Nord semblent moins atteints que les pays du Sud et de l’Est mais la tendance n’est pas nette. La France est le pays le plus touché par cet état avec 48,4% de répondants le déclarant. Ceci est à rapprocher d’une consommation d’anxiolytiques particulièrement importante. 

En France, on remarque que les femmes de 50-59 ans se déclarent plus déprimées que les hommes à âge équivalent. Cet écart s’atténue cependant au fur et à mesure de l’avancée en âge et finit par s’inverser. Si le pourcentage de femmes dépressives reste globalement stable, voire diminue, avec l’âge, celui des hommes augmente nettement après 80 ans (65,9% d’hommes se déclarent tristes ou déprimés au-delà de 90 ans contre 52,5% de femmes).

1.3 Maladies chroniques et aptitudes fonctionnelles

L’enquête SHARE recueille aussi de nombreuses informations sur les maladies chroniques et la perte d’autonomie qui sont les problèmes de santé les plus spécifiques des seniors.

a) Maladie chroniques et handicaps

L’avancée en âge s’accompagne d’une augmentation forte de la probabilité de souffrir d’un handicap ou d’une maladie chronique. Ces problèmes de santé exigent des traitements au long cours, souvent coûteux, et peuvent avoir pour conséquence une perte d’autonomie conduisant à terme à des situations de dépendance. La surveillance de ces problèmes est un enjeu essentiel pour les systèmes de santé et de protection sociale des pays européens dont la population est vieillissante. SHARE consacre plusieurs questions à cette thématique.

"Souffrez-vous de problèmes de santé, de maladies, d'incapacités ou de handicaps de longue durée ?"

 

En Europe, 49,6% des 50 ans et plus déclarent souffrir d’une maladie chronique et/ou d’un handicap. On observe toutefois de fortes disparités entre les pays : le pays avec le taux de déclaration le plus faible est la Suisse avec 33,1%, et celui avec le taux de déclaration le plus fort est l’Estonie avec 69,1% de maladies chroniques et handicaps déclarés.

En France, 44,3% des personnes interrogées déclarent souffrir d’une maladie chronique et/ou d’un handicap, soit une proportion un peu moindre que la moyenne des pays participant à la vague 5 de l’enquête SHARE.

b) Limitations d’activités

La survenue de maladies chroniques ou de handicaps a des conséquences sur la capacité des individus à réaliser les activités de la vie quotidienne. Cependant, le fait d’être plus ou moins limité dans ces activités dépend, en dehors de la qualité de la prise en charge apportée par le système de santé, d’autres facteurs, environnementaux : l’adaptation des logements, des postes de travail et des infrastructures aux difficultés des personnes, et plus généralement de la capacité de la société à intégrer les personnes malades et âgées.

"Dans quelle mesure êtes-vous limité(e) dans vos activités normales par des problèmes de santé qui durent depuis au moins 6 mois ?"

 

En moyenne 45% des enquêtés déclarent être limités (fortement ou non) dans les activités de la vie quotidienne depuis au moins 6 mois. Le pays déclarant le moins de limitations est la Suisse, où seulement 7,4% se déclarent fortement limités. C’est en Estonie que ce pourcentage est le plus élevé : 28,2% des enquêtés se déclarent fortement limités. La France quant à elle se situe juste au-dessous de la moyenne.

On retrouve donc une certaine cohérence dans ce classement des pays au regard de ces différents indicateurs. La Suisse est le pays où les seniors déclarent à la fois moins souvent de maladies/handicaps, moins de limitations et moins souvent une santé perçue médiocre. L’Estonie a au contraire la situation la plus défavorable pour tous ces indicateurs. Concernant les pays intermédiaires dans ce classement, certaines différences apparaissent : l’Italie par exemple fait partie des pays déclarant peu de maladies chroniques ou de handicaps mais le nombre de personnes souffrant de limitations y est au-dessus de la moyenne. D’autres facteurs que la maladie en elle-même semblent donc expliquer la capacité des individus à rester autonomes.

Avec l’âge, on constate que le pourcentage de personnes non limitées diminue. En France, celui-ci passe de 68,7% entre 50 et 59 ans à 7,8% à 90 ans et plus. À l’inverse, la proportion de personnes fortement limitées augmente avec l’âge, passant de 8,2% entre 50 et 59 ans à 50,3% à 90 ans et plus. Les limitations dans les activités accélèrent surtout à partir de 70 ans. En effet comme on l’observe sur ce graphique, avant 70 ans le nombre de personnes limitées (fortement ou non) augmente peu passant seulement de 31% dans la tranche d’âge 50-59 ans à 37% entre 60 et 69 ans (+6 points). Le pourcentage de personnes limitées passe ensuite de 56% entre 70 et 79 ans à 67% entre 80 et 89 ans, soit une augmentation de 11 points.

1.4 L’apport des mesures objectives

Au-délà de ces informations déclaratives sur l’état de santé des personnes,  le questionnaire de SHARE comprend également un certain nombre de tests permettant de confronter ces résultats à des mesures plus objectives comme la force de préhension, la force du souffle ou encore les tests visant à évaluer les capacités cognitives (fluence verbale, mémoire, capacité à faire des calculs).

La force de préhension a été évaluée à l’aide d’un dynamomètre. La personne enquêtée devait refermer sa main de toutes ses forces en se saisissant des parties noires et métalliques du dynamomètre au creux de sa main. La partie métallique, mobile, est alors attirée vers la noire en fonction de la force exercée, ce qui fait bouger l’aiguille qui indique alors la force de préhension en kilogrammes.

 

On a ici évalué la force de préhension de la main dominante du sujet.

Lorsque l’on compare la force de préhension des différents pays, le gradient nord-sud évoqué à propos de la santé perçue apparaît de nouveau assez clairement. Par exemple, pour les extrêmes, en Espagne, la force moyenne de préhension est de 28,5 kg contre 35,2 kg au Danemark. En France elle est de 30,8kg. La force moyenne tous pays confondus est de 31,9 kg.

De manière attendue, la force de préhension décroit avec l’âge. Entre 50 ans et 90 ans et plus, la force de préhension chez les hommes comme chez les femmes décroît de près de la moitié. On notera la différence marquée de la force de préhension entre hommes et femmes. Par exemple, la force de préhension est de 45 kg entre 50 et 59 ans chez les hommes et de 27,3kg chez les femmes au même âge, puis de 24,5 kg chez les hommes à 90 ans et plus et de 15,9 kg chez les femmes au même âge.

 

II. Volet économie

 

2.1  Emploi et retraites

L’allongement de la vie conduit les pays européens à retarder l’âge de la retraite. Ces réformes reposent sur l’employabilité des seniors. Or,  de nombreux éléments -formation, carrière, santé, marché du travail- jouent un rôle dans la poursuite d’activité. En France, le taux d’emploi des 50-59 ans reste faible.

 

Taux d'emploi des 50-59 ans en Europe

 

 

 

2.2  Les seniors et les nouvelles technologies

 

Internet est un outil de plus en plus utilisé, y compris pour les démarches administratives. Son usage est encore limité chez les plus âgés, mais il se généralise chez les 50-59 ans. À l’avenir, il permettra d’intégrer davantage nos aînés en leur facilitant l’accès à une multitude de services.

Utilisation d'internet par les seniors en Europe